Compte rendu de la 1ère épreuve du championnat du monde d'endurance 2022

Arrivée lundi sur le circuit bugatti, opération mise en place : déchargement de la semi et mise en place de l’hospitality.

Mardi 12 Avril – Début des essais.

La météo est très instable. Pleuvra … pleuvra pas … telle est la question. La matinée se passe et les averses finissent par s’inviter sur cette journée d’essais privés. Il pleut dans seulement quelques parties du circuit, puis ca s’arrête … on reste en slick mais la confiance n’est pas au rendez-vous. Finalement a 15h00, les choses sont claires, la piste est trempée, il n’est plus possible de rouler en slick. Je retire ma combinaison, je ne souhaite pas rouler sous la pluie car il n’y a pas de pluie annoncée pour la suite de la semaine, je ne souhaite pas prendre le risque, de casser la moto ou de me faire mal.

Mercredi 13 Avril – Contrôles techniques, interview et séances photos.

Comme cheque année, le mercredi est une journée OFF, où nous passons la moto au contrôle technique, ainsi que notre équipement. Photo officielle, interview et briefing … malgré tout, la journée passe très vite. C’est une journée qui est finalement plus chargée pour les mécaniciens que pour nous.

Jeudis 14 Avril – début des choses sérieuses : les 1eres séances qualificatives.

Une petite séance d’essais libres le matin pour se mettre dans le rythme et choisir quelle moto on souhaite pour la qualif. Et voilà l’heure de la Q1. Je suis la seule à avoir choisie la R1 2019 pour la qualification, elle a un réservoir 24L un poil plus petit et c’est beaucoup plus confortable pour moi.

16h25 … c’est mon tour de m’élancer en piste avec mes brassards jaune.

Je sors des stands et de suite je me rends compte qu’il y a un souci, les vitesses ne passent pas, tout du moins le shifter ne fonctionne pas. Impossible pour moi de rouler comme ça sur une qualif, je boucle un tour de lancement et rentre directement au stand afin de prendre la deuxième moto : la R1 2022, avec le réservoir 24L qui me gêne un peu. Je ressors vite des stands car les minutes sont comptées, et je me force à me mettre rapidement dans le rythme. Je suis sur e point de boucler mon tour de lancement et … drapeau rouge … retour au box. Il s’est écoulé presque 8 minutes de qualif et je n’ai toujours pas bouclé un tour chrono. Dans ma tête … c’est la guerre, je vais encore devoir me qualifier en moins de 10 minutes, exercice qui pour moi est loin d’être simple. Les feux passent de nouveau au vert et tous les pilotes jaunes repartent au charbon … moi y compris. J’ai dans les mains la moto de course, autant dire que c’est une pression supplémentaire. Je ressors avec le paquet histoire de partir vite et au premier tour chrono j’affiche déjà un joli chrono (contrairement à d’habitude). Au 2ème tour chrono je suis qualifiée, ce qui me laisse 5 minutes pour m’amuser en piste et prendre du plaisir. Je rentre au box avec un chrono en 1’44’4 (rien de dingue mais ça suffit pour retirer la pression qui était sur mes épaules). La Q2, je vais la vivre différemment dans ces conditions ?

Après cette journée riche en émotions, début des essais libres de nuits à 20h30, qui se passent sans embuches et un peu de repos avant la Q2 de demain

Vendredi 15 Avril – Q2 and Pitwalk

10h55, début de ma 2ème qualif ou je repars avec la moto que j’avais choisis la veille (à savoir la R1 2019). La moto n’a rien a voir avec la R1 2022, pas évident de comparer les deux machines tant l’électronique est différent. J’améliore mon chrono qualif en 1’43’9, mais surtout, je prends du plaisir a rouler dans cette qualification et ca c’est important.

A l’issue des qualifications, tous les pilotes de l’équipes ont réalisés les chronos nécessaires pour passer les limites de qualification.

La moyenne de nos chronos nous place 47ème sur 53 sur la grille de départ.

Maintenant place à la Pitwalk, où il va être agréable de revoir le public et le sourire des gens (absent depuis 2 ans cause covid)

Samedi 16 Avril – warm Up et course.

Je ne prendrais pas part au Warm up, je n’ai rien de spécial a tester sur la moto, et je ne souhaite prendre aucun risque avant la course.

14h00 début de la procédure de départ.

Nous voilà sur la grille, avec le soleil et le public. La météo est clémente et donne le sourire à tout le monde. Après avoir chanté la marseillaise tous ensemble, il est temps de quitter la grille pour que la course puisse être lancée. C’est mon coéquipier Florent Parret qui prendra le départ de cette 14ère épreuve du championnat du monde d’endurance.  

15h00, le drapeau tricolore traverse la piste et lance cette 45ème édition des 24 heures Motos. Ça y est … c’est parti ! Percussion sur la grille et le Safety car est déjà en piste alors qu’il s’est à peine écoule 15 secondes de course. Au bout de 15 minutes, la course est relancée. Florent effectue un bon relai et me redonne le guidon au bout de 50 minutes de course. C’est à mon tour de faire mon 1er relai. 33 tours bouclés sur ce premier relai et je redonne le guidon à Florian en 39ème position.  Mon deuxième relai se déroulera sans encombre, 32 tours en piste et 32ème position du classement général, on remonte doucement ?

Mon 3ème relai quant a lui va s’avérer plus compliqué. La nuit est tombée sur le circuit Bugatti, et la fraicheur qui va avec. De nuit, les motos officielles sont faciles à reconnaitre avec leurs feux avant blancs. Je rentre dans la courbe Dunlop, puis freine pour déclencher le gauche de la chicane Dunlop alors que j’aperçois des feux blancs juste à côté de ma moto … en faite non … dans ma moto. Le pilote de la Ducati officielle perd l’avant à l’entrée de la chicane Dunlop et vient me percuter sur le flanc gauche de la moto. Réflexe (ou chance…), je redresse, et sa moto qui est au sol m’empêche de tomber. On finira tous les deux dans l’échappatoire de la chicane Dunlop, lui par terre, et moi miraculeusement sur mes roues. La Ducati retraverse la piste et vidange a la sortie de la chicane Dunlop … Safety car ! Je me range derrière la voiture de sécurité (après m’être assuré que le pilote était debout) et j’essaie de reprendre mes esprits, j’ai bien du mal à comprendre comment j’ai fait pour ne pas tomber (ce n’était surement pas mon heure :P) Nous enchainons les tours à vitesse réduite le temps que les commissaires nettoient la piste, et malgré mes efforts pour garder les pneus en températures … les pneus refroidissent et je commence a vivre l’enfer, j’ai l’impression d’avoir un pneu avant crevé. Je sens que je vais vivre l’enfer quand la voiture de sécurité va sortir de la piste. Je cheeck mon tableau de panneautage, il ne me reste que 5 tours à faire, je croise les doigts pour que le safety car reste encore 5 tours en piste … et c’est ce qui va se produire (merci !) je ne vais pas avoir besoin de me battre pour remettre le pneu avant en température, retour au box. Mon dieu qu’il était riche en émotion ce relai !

Malgré cet indicent, nous conservons le 32ème place du classement général.

Nous approchons la mi-course et je pars pour mon 4ème relai, la fatigue ne se fait toujours pas sentir, les entrainements physiques montrent leurs effets. Je redonne le guidon à la 31ème position du classement général.

Fin de mon 5ème relai, nous conservons notre position au classement, nous avons passé la mi-course, le plus dur reste a venir.

6ème relai … avec un changement de pilote filmé par Eurosport, un grand merci à eux ! Ça devrait être mon dernier relai de nuit, il me tarde que le soleil se lève.

7ème relai : Le levé du jour … on à l’impression qu’on a gagné la guerre, le soleil rasant m’éblouie, je loupe les points de cordes de la chicane Dunlop et du garage vert a tous les tours, ais c’est pour tout le monde pareil, et que ça fait du bien de voir la lumière du jour :P

Si mes calculs sont bons, plus que 2 relais pour moi et on sera au damier !!!!

8ème relai … Je commence enfin à comprendre comment marche cette machine (il était temps mdr), et je me mets à rouler plus vite qu’en qualification. J’enchaine les tours en gros 43, petit 44, et je prends beaucoup de plaisir au guidon. Je commence à doubler des machines qui me doublaient en début de course. Visiblement on n’est pas tous égaux devant la fatigue. Je rentre au stand avec la banane, et ce relai nous a permis d’accrocher la 30ème position du classement scratch.

A 3h du damier, nous pointons à la 29ème position du classement général, et je suis sur le point de prendre mon 9ème et dernier relai. Nous sommes également 18ème de notre catégorie : Superstock.

Un dernier relai qui se déroulera sans encombre, et avec la banane dans le casque. Encore 32 tours bouclés en piste … sans ressentir beaucoup de fatigue (juste incroyable, c’est la première fois que je ne souffre pas du tout sur une épreuve de 24 heures)

Nous rentrons dans la dernière heure de course et nous avons réussis a accrocher la 28ème place du classement général.

15h00, le drapeau a damier est agité sur la moto de tête : la Suzuki N°1 du SERT, et nous franchissons le damier à la 26ème position du classement général, et 17ème de notre catégorie Superstock.

Un énorme merci à tout ceux qui m’ont suivis et supportés durant cette semaine de course, un grand merci à mes partenaires qui ont rendus cette aventure possible, merci à mon équipe de croire en mois quelque soit les conditions, et merci à ma famille et on chéri pour les messages de soutien tout au long de cette semaine éprouvante.

Je vous donne rendez vous au mois de Juin pour les 24 heures de Spa … ou j’évoluerais sur un circuit qui m’est pour le moment complétement inconnu